Le Malade Imaginaire de Molière
Mise en scène Georges Werler Avec Michel Bouquet, Juliette Carre et 10 autres comédiens
"Le malade imaginaire, pièce mystérieuse… Ecrite par un homme profondément malade qui met en scène un personnage en pleine santé, on est ébloui par la puissance de l’auteur et son courage à se moquer de lui-même. Quelle étonnante alchimie, que celle de ces deux personnages, le réel et l’imaginaire, si différents et pourtant si fraternels. A la quatrième représentation, on le sait, Molière est emporté par une quinte de toux après avoir une fois encore fait rire le public, toujours gourmand des grimaces de l’acteur pourtant provoquées par une souffrance extrême. Cela aussi relève du mystère de l’art du Théâtre. Comédie tragique – comédie farce. On est frappé de voir à quel point le rapprochement des genres est maîtrisé dans cette oeuvre apparemment désordonnée. Toute une société se retrouve et grouille avec ses canailles, ses incapables et ses braves gens, chacun portant en soi ses inquiétudes, ses désirs, ses veuleries et ses espoirs. Tout est mouvant, dérangeant, choquant, vulgaire et beau. Une jeunesse ardente, si chère à l’auteur une fois encore est là, triomphante dans ce combat de la vie. En allant à la rencontre de ce "malade" que je croyais connaître, j’ai été frappé de redécouvrir à quel point l’auteur chemine au plus profond et au plus obscur de l’humain. Et chaque répétition devient un moment particulier de surprise heureuse et d’inquiétude mêlée. Molière a écrit une superbe comédie - la plus désespérée ? Le rire libérateur est fracassant : c’est peut être la guérison."
Secret de Famille d'Eric Assous
Mise en scène Jean-Luc Moreau Avec Michel Sardou, Davy Sardou et 4 autres comédiens
Pierre, parolier de chansons, compose pour les autres des succès populaires depuis des années, avec son inséparable complice Sylvain. Divorcé, Pierre a élevé tout seul son fils, Quentin, qui doit bientôt épouser Clémence, une blonde superbe dont il est follement épris. Seulement voilà : La belle Clémence n’est pas si pressée de se retrouver la bague au doigt et ceci pour une raison toute simple. Elle n’est pas amoureuse du fils… mais du père ! Et la voilà qui pose comme condition à son mariage de pouvoir passer une nuit d’amour avec ce dernier ! La comédie est lancée, s’appuyant sur l’art du mensonge, les quiproquos, les rebondissements. Pour se sortir de ce piège aussi troublant qu’inconfortable, Pierre va devoir compter sur la complicité involontaire de Sylvain, ce qui ne l’empêchera pas de vivre un enfer et subir une série de situations qu’on ne souhaiterait pas à son pire ennemi.
La fiancée du fils amoureuse du père… Cette pièce pourrait être une tragédie grecque, mais Eric Assous réussit le tour de force de transformer la tragédie en comédie, et quelle comédie ! Dans la pure tradition du vaudeville, légère, haletante et moderne, cette pièce est de celles qui font du bien. C’est plutôt amusant de retrouver sur scène Michel et Davy Sardou, père et fils dans la vie réelle, et de les voir endosser les rôles de Pierre et Quentin, perpétuant ainsi la "dynastie des planches". Ajoutons à cela la mise en scène rythmée et dynamique de Jean Luc Moreau, et nous avons tous les ingrédients d’un bon divertissement où le rire est au rendez-vous.
Bonté Divine ! de Frédéric Lenoir & Louis-Michel Colla
Mise en scène Christophe Lidon Avec Roland Giraud et 3 autres comédiens
Un vendredi soir, à la suite d'une rencontre inter religieuse, un prêtre, un rabbin, un iman et un bonze bouddhiste se retrouvent mystérieusement enfermés dans une petite pièce sans communication possible avec l'extérieur. Que peut-il se passer alors ?
Cette pièce a été écrite par Louis-Michel Colla et Frédéric Lenoir, qui n’est autre que le grand spécialiste des religions, philosophe et directeur du Monde des Religions. Ces auteurs ont choisi la forme humoristique et vivante de la comédie pour traiter des sujets graves : la foi et le doute. Une pièce qui permet aussi d'aborder nombre de questions que chacun se pose sur Dieu et les religions, à commencer par la plus actuelle : pourquoi autant de discordes entre les croyants des trois grandes traditions monothéistes puisqu'ils croient au même Dieu ?
Comme le dit Christophe Lidon, "le metteur en scène, dans une époque troublée par des discours contradictoires, les comédiens font entendre avec générosité et sincérité les différents points de vue d’un prêtre, d’un iman, d’un rabbin et d’un bonze, avec en capitaine de navire, un Roland Giraud engagé et surprenant, usant de toutes les armes de son art pour défendre, convaincre, questionner et résoudre les doutes qui assaillent son personnage de prêtre. On se divertit, on apprend (peut-être), on se souvient (sans doute), on s’enthousiasme pour ces questions ... Ici, tout est permis, surtout de rire, et même de se convertir".
Bonté Divine nous invite à l’écoute et la réflexion, et nous allons y prendre plaisir.
Très chère Mathilde d'Israël Horovitz
Mise en scène Ladislas Chollat Avec Line Renaud, Samuel Labarthe et Raphaëline Goupilleau
Mathilde Giffard est une femme de 88 ans, veuve d’un homme d’affaires parisien. Après avoir été la directrice d’une école de langues, elle coule des jours paisibles avec sa fille unique, Chloé, dans un immense appartement face au jardin du Luxembourg. Cet appartement a été vendu en viager, il y a plus de vingt ans, à un riche américain, Max Gold. A la mort de Max, son fils, Mathias, débarque dans la vie de Mathilde et de sa fille pour récupérer ce bien dont il vient d’hériter, sans savoir qu’elles l’occupent encore de leur bon droit. Commence alors une cohabitation forcée avec cet américain largué, qui n’est jamais arrivé à construire quelque chose dans sa vie. Car, comme on dit, le bonheur des uns fait le malheur des autres, et le petit garçon qu’était Mathias a énormément souffert de la liaison que son père a entretenue durant cinquante ans avec… Mathilde. Une série de situations soudaines se produit tout au long de la pièce, et on apprend à mesure l’étrange parcours de Mathilde. Les personnages vont se dévoiler, s’expliquer, s’insulter jusqu’à finir par se comprendre et s’aimer.
L’auteur new yorkais Israël Horovitz, nous offre ici une oeuvre pleine d’émotion et d’esprit, une bouleversante partition de vie. Resplendissante, pleine de ressources et d’enthousiasme, Line Renaud prête à Mathilde son infatigable soif de vivre. La performance de Samuel Labarthe est impressionnante : il tient de bout en bout un accent américain extrêmement réaliste. Très chère Mathilde est une belle pièce qui raconte une belle histoire. Un excellent moment de théâtre en perspective.
Hors Piste d'Eric Delcourt
Mise en scène Eric Delcourt & Dominique Deschamps Avec Olivier Bouana et Eric Delcourt en alternance avec Yves Massari, Cyrille Eldin, Franck Molinaro, Marie Montoya et Smadi Wolfman
Voilà une comédie bien rythmée, pleine d’énergie et hilarante à souhait ! En dix ans, Thomas Klein dit Tom a fait fortune grâce à Internet et vient de vendre sa société à Microsoft. Pour l’occasion il a invité ses amis perdus de vue depuis dix ans pour une randonnée à ski de l’extrême, en plein coeur des Pyrénées, afin de se retrouver loin de leurs trépidantes occupations citadines. Pourquoi les Pyrénées ? Car d’après Tom, les Alpes c’est mort ! Une artiste underground engagée très glamour, un animateur social très asocial, un pizzaïolo arriviste très proche du gouffre, une boulangère apprentie starlette en devenir et un guide de haute montagne atypique sont en route pour une randonnée à ski vers la Crête de L’Ours organisée par ce nouveau Roi d’Internet … Mais la montagne est traîtresse et de petites glissades en francs dérapages, les retrouvailles ne pouvaient avoir lieu sans quelques règlements de comptes et remises en question. Car finalement chacun a accepté ce week-end pour des raisons bien précises n’en déplaise à leur hôte bientôt totalement dépassé par la situation à mesure que les personnages dévoilent leur véritable nature…
Les répliques, redoutablement efficaces, déclenchent des avalanches de rire. Le public parisien ne s’y est pas trompé et la pièce a connu un véritable succès dans la capitale. Hors piste, ce n’est que du bonheur et c’est à consommer sans modération !