Après le Requiem composé à la mémoire du poète Alessandro Manzoni, Verdi écrit "Il me semble que je suis devenu quelqu’un de sérieux et que je ne suis plus un batteur d’estrade racolant le public en tapant sur ma grosse caisse". Cependant devant la critique de cette messe, qui ressemble trop à de l’opéra, Giuseppina, la compagne de Verdi aura le mot juste : "On a dit de même pour Mozart, Cherubini et les autres. Ils ont tous mis leur musique dans des messes, sans chercher à contrefaire leur style. Il me semble que Verdi se devait d’écrire comme Verdi !" Œuvre pourtant éminemment polyphonique, cette grande messe des morts nous présente une vision de la place de l’homme dans l’univers. Cela va au-delà de la foi en Dieu et témoigne de la pensée personnelle d’un Verdi qui était, à soixante ans, parvenu à une relative sagesse après des luttes et des drames personnels. Aux côtés de quatre chanteurs solistes, un grand choeur mixte et un ensemble orchestral impressionnant unissent leur pouvoir expressif pour rendre présente l’émotion, la terreur ou la résignation à l’idée de la mort.
Monique Dautemer |
Messa da Requiem pour quatre solistes, choeur et orchestre, de Giuseppe Verdi
Première représentation, Milan, Eglise San Marco, le 22 mai 1874
Direction musicale Bruno Aprea
Hasmik Papian soprano
Elisabetta Fiorillo mezzo-soprano
Antonio Gandia ténor
Marco Vinco basse
Orchestre et choeur de l’Opéra Toulon Provence Méditerranée |