Quelle musique pouvait donner le juste ton au livret d’Horacio Ferrer Maria de Buenos Aires ? Cette poésie si abstraite et pourtant si proche de nous, nous livre des symboles allant jusqu’à nous les jeter à la figure, parfois comme des larmes de sang… Je ne sais comment Astor Piazzolla a pu accompagner ces textes ? Mieux ! Comment a-t-il su répertorier toutes ces douleurs et nous les restituer peignant un écrin musical pour chacun des mots ? Ces thèmes instrumentaux continuent de s’adresser à nous comme autant de chansons sans parole. Le seul nom de Piazzolla fait résonner les spasmes du tango et nous le livre sous une forme nouvelle. Cela devient une déclinaison allant du cri jusqu’à la caresse. Ces mots extraits du livret se suffisent à eux seuls : Maintenant, petite Maria que tu es vêtue de jamais plus, je mêlerai une poignée de cette voix de bandonéon qui brûle en ta gorge avec un poignée de ma propre voix, avec le marc du souvenir, avec le chat noir et rauque d’un sombre bourdon. Alors, de l’intime faubourg porteur de ton adieu, traversant les simples frontières de la mort, j’apporterai ton chant obscur. Il aura l’âge de Dieu et deux vieilles meurtrissures : à droite la haine, et à gauche la tendresse et le dur.
Erick Margouet |
Création chorégraphique d’Erick Margouet d’après l’operita en 2 parties et 16 tableaux
Musique d’Astor Piazzolla
Texte poétique d’Horacio Ferrer
Première représentation, Buenos Aires, la Scala Planeta, le 8 mai 1968
Direction musicale Philippe Lesburgueres
Chorégraphie et mise en scène Erick Margouet
Scénographie Luc Londiveau
Costumes José Gomez & Erick Margouet
Lumières Jacques Chatelet
Assistante, régisseuse du ballet Chantal Waegemans
Maria Mylène Souteirat
Maria enfant Eléonore Margouet
Orchestre et ballet de l’Opéra
Nouvelle production de l’Opéra Toulon Provence Méditerranée |